-- LiBeRaTiOn --

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# Posté le mercredi 30 avril 2008 14:22
Modifié le jeudi 01 mai 2008 08:04

.-- Tout simplement le début --

Un clair de lune. Assise en tailleur sur l'herbe, Acelalia sirota sa menthe à l'eau, en aspira une grande lapée, puis la reposa. Elle leva la tête vers les étoiles, son plus grand rêve. Un rêve inaccessible, ce qui en faisait une obsession. Une idée née dans sa petite tête, son petit esprit il y a de nombreuses années de cela. Tous les soirs, couchée dans son lit de paille, elle s'imaginait un monde meilleur. Un monde de paix, de calme, d'amour. A première vue on pourrait croire que c'était absurde. Absolument pas. Acelalia avait pensé à tout, de l'échelle imaginaire qui formerait le passage entre les deux mondes, l'imaginaire et le réel, aux personnes acceptées dans ce nouvel univers. Elle, évidemment, en serait la présidente. Mais pas comme ces politiques agaçants, toujours en quête de pouvoir, encore et encore. Tout dans ce monde réel la repoussait. Les guerres, les tensions, la pauvreté, les mensonges, la perfidie et bien d'autres. Dans ce monde imaginaire, parfait, que les croyants pourraient comparer au Paradis, tout était en paix, à sa place, rien ne posait de problèmes. Une énorme détonation retentit à quelques mètres de la jeune earônia, ce qui la fit brusquement sursauter. Elle se leva précipitamment, en renversant sa boisson sur elle. Une autre détonation, encore plus violente que la précédente, souffla sur Acelalia un souffle glacé de violence et de mort. Le temps de courir s'abriter au bistrot du coin de la rue et une énorme bombe éclata à l'endroit où la demoiselle se tenait il y a quelques secondes de cela.
« Tu as eu de la chance, lui jeta Caherarinna avec un air exaspéré. Tu ferais bien de faire plus attention, la prochaine fois. »
S'il y en a une, aurait voulu rétorquer Acelalia à sa grande s½ur, mais elle savait que Caherarinna n'y aurait pas prêté attention. Ces deux s½urs ne se ressemblaient pas. Mais alors, pas du tout ! On pouvait même dire qu'elles étaient opposées. En tout ce qu'elles faisaient, de leurs passions à leurs apparences, tout différait. La plus jeune des deux s½urs, Acelalia, était toujours dans la lune. Son air songeur ne la quittait jamais, toujours accompagné d'un petit sourire en coin, ce qui en faisait une charmante earônia selon la plupart des personnes de la mégala (ville dont la population compte entre 20 000 et 100 000 earônios). Grande et fine, Acelalia pourrait appartenir au clan des elfes, si seulement elle n'était pas née de parents trolls. Effectivement, tout le monde se demandait pourquoi, depuis sa plus tendre enfance, elle possédait déjà les capacités intellectuelles et physiques digne d'un elfe de catégorie supérieure (comme par exemple faire pousser des arbres par la seule action de laisser s'échapper une larme de cristal, produite en cas de grande tristesse, s'écraser sur le sol). Tout en elle constituait une personne qu'elle n'était pas, et que d'ailleurs elle ne serait jamais. Acelalia se demandait depuis toujours quel plaisir ces stupides et impulsifs de trolls prenaient à ce livrer sans cesse des guerres longues, meurtrières et dont plus personne ne se souvenait de la cause. Le territoire des trolls était constitué de nombreuses régions (la sienne étant l'Earônie, ses occupants se nommant donc earônios et earônias), qui s'entretuaient à la moindre occasion, même d'ailleurs quand il n'y en avait pas. Cette earônia, dont le but était de découvrir un monde meilleur, pacifique où la principale occupation serait l'amour, était appréciée au sein des trolls de sa région, car elle en faisait la fierté. Seule sa s½ur Caherarinna ne l'appréciait guère, sûrement car Acelalia la surpassait en tout, que ce soit en intelligence (il faut savoir que les trolls ont une intelligence très limitée, ils passent plus de temps à ce taper les uns sur les autres qu'à autre chose) ou en gentillesse. Effectivement, tout le monde sait qu'il vaut mieux ne pas se trouver sur le chemin d'un troll mal luné, or Caherarinna avait la fâcheuse manie de l'être souvent. Elle calmait donc régulièrement ses nerfs sur sa pauvre s½ur qu'était Acelalia. Car Caherarinna, en bonne troll qu'elle était, avait l'habitude de boire beaucoup, surtout de la bière artisanale (une seule gorgée de cette boisson pouvant tuer une licorne d'elfe). Petite et robuste, de longs cheveux emmêlés, noirs et gras pendaient le long de son visage aux traits grossiers, différant de ceux d'Acelalia qui étaient si purs et si elfiques L'alcool colorait le visage bouffi de Caherarinna, comme d'habitude (pourquoi changer lorsqu'on est alcoolique, brutale et impulsive à dix-sept ans, pensait Acelalia tout en observant sa s½ur engloutir trois rats des terres encore tous frais). Elle était, comme d'habitude, vêtue d'un sac de pommes de terre troué pour laissait passer ses gros bras et sa tête porcine. Johhelwynet et Ocaliwen, leurs parents, ressemblaient trait pour trait à leur fille aînée. Seule Acelalia différait. Ses cheveux dorés ondulaient le long d'un visage rêveur, illuminé par un regard flamboyant. Elle portait une robe en tissu trop petite, mais sa beauté était telle que sa robe ne mettait que plus en valeur son visage pur et fin. Le soir, dans son lit de paille inconfortable à souhait, la jeune earônia âgée de seulement quinze ans s'imaginait reine d'un monde imaginaire, dont l'entrée serait constituée d'une porte invisible ne s'ouvrant qu'aux personnes souhaitant la même chose qu'elle. L'amour.

.-- Tout simplement le début --
# Posté le jeudi 01 mai 2008 08:19
Modifié le jeudi 01 mai 2008 13:32

La suiite



Son regard se perdait dans le vague, s'accrochant au seul espoir de sa vie, son rêve, son monde imaginaire, mais son corps fin et élégant était pourtant bien présent, étalé sur un matelas de paille, et recouvert par une couverture en peau d' ysasmio, peau d'animal sauvage des montagnes la plus dure et la plus inconfortable disponible sur la marché des trolls de la région des Earônios. Ecelalia se laissa bercer par le bruit apaisant du tic-tac régulier de son réveil, posé sur sa table de nuit. Sa tête dodelinait lentement de gauche à droite, un sentiment de bien-être commençait à envahir cette charmant troll à l'apparence elfique. Elle sentit ses paupières se fermaient, lentement, très lentement, mais elle ne chercha pas à les en empêcher. Ce repos s'insinua en elle, et quelques secondes plus tard, la jeune earônia dormait profondément. D'un point de vue à la fois interne et externe, elle se voyait gravir une infinité de marches blanches, sûrement en marbre, recouvertes d'un long et majestueux tapis rouge brodé d'or. Après de nombreuses minutes qui lui parurent durer des siècles et des siècles, Acelalia repris son souffle, monta encore quelques marches d'un pas léger et déterminé, et se retrouva en face d'une porte translucide. Elle leva les yeux et remarqua que les nuages noirs qui tapissaient toujours le ciel du monde des trolls s'éloignaient, se dispersaient pour laisser apparaître un ciel d'une teinte rosée, constellé d'un magnifique rayon de lumières colorées : le premier arc-en-ciel qu'elle voyait de sa vie. Elle allait poser sa main sur la poignée de cette porte magique qui la conduirait vers un monde imaginaire, où le calme, la paix et l'amour étaient rois, lorsque de nombreux cris stridents retentirent. Acelalia se réveilla en sursaut, trempée de sueur. La sirène d'alarme se déclencha. L'aerôlia tourna la tête vers son réveil : il n'était seulement que trois heures du matin. Elle se leva précipitamment, enfila ses chaussons et descendit quatre à quatre les marches de l'escalier. Elle se retrouva dans le salon de leur maisonnette, où régnaient un chaos à vous couper le souffle. Prenant ses jambes à son cou, la jeune troll sortit dans la rue. Une bombe explosa à une dizaine de mètre. Elle se coucha par terre et sentit le sol vibrer suite à l'énorme détonation. Acelalia risqua un ½il vers le lieu où avait explosé la bombe. Un rire maléfique résonna alors dans toute la mégala. Huiliguio avait encore frappé. Esquissant un sourire maléfique, il monta à bord de son Scorpios d'acier, le plus féroce des animaux du monde des trolls, et fonça vers la frontière qui séparait les deux clans. Ecelalia soupira :
« Encore une attaque terroriste...
- Ma chérie, j'ai une très mauvaise nouvelle à t'annoncer, lui murmura tout doucement Afrioda, l'ancienne du village. Tu sais, la bombe qu'Huiliguio a lancé, et bien...
- Oui ,qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Ecelalia.
- Je ne vais pas te le cacher plus longtemps. C'est sur ta maison qu'elle est tombée. Et Caherarinna, ainsi que tes parents, n'ont pas survécus, lui annonça tristement Afrioda.
- Non, non, non !! C'est impossible ! Nooooon !!
- Je suis vraiment désolée, lui chuchota le vieille.
- Mais ça ne change rien, hurla la troll, désemparée.
- Il na faut pas rester ici. Tu sais qu'ils peuvent revenir d'une minute à l'autre. Viens chez moi, je vais te mettre à l'abri. »

Acelalia versa une larme étincelante, de cristal. Un arbre venait de voir le jour.
La suiite  –
# Posté le jeudi 08 mai 2008 03:32

Affalée sur une chaise miteuse et poussiéreux, Acelalia se frotta les yeux. Elle ouvrit doucement un ½il, et se risqua à ouvrir l'autre. Oh non ! Devant elle, autour d'elle, derrière elle, sous elle, partout ... une pièce sombre et étroite. Acelalia venait de comprendre. Elle se trouvait dans une cellule, la plus minable et la plus lugubre, de la principale prison du royaume d' Huiliguio, troll le plus redoutable et le plus redouté de tout l'univers des trolls. Des légendes racontaient que, lorsqu'il était petit, il éventrait déjà ses camarades de classe, simplement lorsqu'il perdait aux jeux ou répondait une mauvaise réponse. Depuis ses quinze ans, il se levait avant l'aurore et se dirigeait tout droit vers la forêt maudite, endroit où aucun troll doté de raison ne s'aventurait. La légende raconte que quiconque pénétrant dans la forêt n'en ressortira indemne. Là-bas, Huiliguio capturerait de nombreux venarios, les animaux immortels qui pouvaient tuer par un simple regard. De plus, mesurant généralement plus de dix mètres et de couleur noir dépression, ces monstres terrifiaient la population. Mais le roi du Monde des trolls, comme il se nommait, se réjouissait à l'idée de pouvoir capturer ses horreurs, et d'ensuite les découper en rondelles et de les dévorer, bien saignants ou tout simplement crus. Huiliguio n'était pas simplement un mauvais troll, s' était l'incarnation même du mal.

« Allez, debout ! ordonna un gardien de la prison d'un ton ferme à Acelalia.
- Mais laissez-moi ! hurla la jeune earôlia.
- Non, il faut que je t'amène au grand Seigneur immédiatement.
- Jamais de la vie, lui répondit-elle. Foutez-moi la paix !
- S'il faut que j'emploie la force, c'est comme tu veux, lui répliqua le troll d'un air particulièrement sadique.
Et passant de la parole à l'acte, il sortit un long couteau recouvert de sang séché. Acelalia eut un regard affolé en voyant cette longue lame se rapprocher doucement, très doucement vers elle. L'arme, qui devait déjà avoir servit à de nombreuses reprises, effleura le long de sa peau en la faisait frissonner violemment. Acelalia murmura :
« Bon, je vais vous suivre, si vous insister.
-Heureux de te l'entendre dire, lui assura l'agent, en lui adressant une affreuse grimace.



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# Posté le mercredi 14 mai 2008 15:05